J’ai eu l’occasion de passer trois jours à Paris, où je n’habite plus depuis un an et demi. Bien que j’ai eu l’occasion d’y revenir depuis, j’en ai bien plus profité cette fois-ci, entre expositions, restaurants, déplacement à vélo et espaces de travail partagés.

En venant d’Epernay, j’ai décidé de prendre avec moi mon vélo, et de le mettre dans le train. C’est totalement gratuit dans les TER, « dans la limite des places disponibles ». Je trouve cette règle un peu de mauvaise foi, car au moment où on se rend compte qu’il n’y a plus de place dans le compartiment vélo, c’est à dire sur le quai prêt à embarquer alors que le train s’arrête deux minutes, il est tout à fait impossible de prendre une autre décision que de se mettre en infraction et de monter quand même à bord avec son vélo…

Cela dit, il y avait de la place, et j’ai redécouvert à quel point il est naturel de mettre le vélo dans le train. A condition de ne pas être trop chargé, aller à la gare en vélo, le mettre dans le compartiment vélo (il faut le trouver assez rapidement car il n’y en a pas beaucoup !) et l’avoir immédiatement à la sortie du train est un mode de voyage très pratique, en plus d’être écologique.

A Paris je reprend vite mes marques et je sillonne les rues que j’ai si bien connues. Le premier matin, je me rends dans un espace de travail partagé (pour ne pas dire coworking) à proximité de Gare de l’Est, le Coworkshop, rue des vinaigriers. On y paye à l’heure (4€), et ce que je croyais être une expérience de travail passable (il y faisait chaud, et l’endroit est assez confiné) s’est révélé en fait l’une de mes meilleures expériences du séjour en la matière.

Comme j’ai très peur de me faire piquer mon vélo, j’achète en plus de l’antivol en U que j’ai, un câble avec des boucles aux extrémités pour prolonger la sécurité du U en verrouillant la roue avant ou arrière au point fixe. Je l’ai payé 15€ d’occasion dans un petit magasin de vélo (avec des bacs de vrac) et je me suis senti tout de suite mieux. Pendant tout mon séjour j’ai toujours trouvé où me garer. Les emplacements vélo se sont multipliés j’ai trouvé, et je pense que c’est bien le moyen le plus pratique de se garer en vélo. Quoique… ces trottinettes qui traînent partout arrivent à repousser le concept même de se garer.

L’après-midi je me pose plutôt à la BPI, Bibliothèque publique d’information (dont je parle dans mon dernier article). J’aime bien l’espace et j’y trouve toujours des ressources techniques intéressantes même si elles ne sont pas hyper à jour. Seul point noir, Internet, qui faiblit au fur et à mesure que les tables de travail se remplissent. Je m’attendais à une queue monstre en période de bac, mais je pense que justement les étudiants sont dans les épreuves et je n’ai pas fait la queue !

Le soir, je découvre dans le quartier toujours aussi vivant qu’est la porte Saint-Denis l’étonnant restaurant végane, au nom tout aussi étonnant qu’est le Jah Jah By Le Tricycle. L’ambiance est plutôt à la cantine, dans une salle très profonde, avec une cuisine variées aux goûts très originaux. J’opte pour un bol d’un florilège de crudités très bien cuisiné. Avec un jus de gingembre glacé bien entendu.

Le lendemain matin, je cherche une zone de travail. Je suis indépendant (et nomade, plus que jamais !) et en général je travail le matin de manière concentrée, et l’après-midi je vaque à diverses occupation, y compris sur Internet et y compris parfois du travail.

Mais à Paris, travailler le matin est plus difficile que ce que j’imaginais.

J’opte pour la BNF site Richelieu, à côté de la place de la Bourse, qui est une antenne orientée recherche de la BNF. Malheureusement, on me refuse l’entrée, car comme le dit le site « les salles de recherche sont accessibles sur justificatif de recherche ». Il va me falloir trouver un autre endroit… mais en attendant il est possible à tous d’observer la salle principale (dans laquelle on n’a pas le droit de travailler donc) qui est la salle Labrouste. C’est une salle tout simplement exceptionnelle.

La salle Labrouste à la BNF Richelieu

L’architecte Henri Labrouste a réalisé ce chef-d’œuvre entre 1861 et 1868. Je site le panonceau :

Ici c’est l’influence de l’Orient byzantin qui domine. De plan carré, la salle est éclairée par neuf coupoles en pendentif et elle est fermée par un espace absidal en hémicycle voûté en cul-de-four. La couverture est indépendante de tout mur de soutien. Les coupoles, revêtues de carreaux de faïence, reposent sur des arcs en fer ajourés qui retombent sur seize colonnes de fonte. L’effet de légèreté vient du rapport entre le très faible diamètre des colonnes, 30 centimètres seulement, et leur hauteur, qui est de 10 mètres.

A moitié déçu, j’arpente la rue Lafayette pour jeter un œil à l’espace WeWork Lafayette. Leader dans les espaces de travail partagés, WeWork allie les grands espaces à l’image cool des modes ouvertes et flexibles du travail. Pas si ouverte que ça car sans abonnement mensuel (que je n’ai pas), on n’y met pas les pieds. Je m’y attendait pour le coup, et ça n’écourte pas ma recherche d’un lieu de travail ouvert pour la matinée. Je finis dans un restaurant avec un connexion Wi-Fi (catastrophique), un peu l’ancêtre du travail nomade (genre 2010 quoi). De quoi lire des fichiers PDF que j’avais déjà téléchargé ! Et d’attendre l’heure du déjeuner dans un Japonais fusion.

Quand le type de cuisine se termine par « fusion », on a plus de chance de se trouver à Paris qu’à Epernay. C’est devenu pour moi d’un exotisme rare, et c’est avec curiosité que je retrouve une amie au Rice & Fish (à ne pas confondre avec le Rice & Fish Yakimono, 10 mètres plus loin – ce sont les mêmes propriétaires). On y mange très bien. Je dire même que c’était assez… fusion, bien entendu ! Les makis sont revisités avec une sauce « secrète » et un croustillant très convainquant.

J’apprends l’après-midi qu’on peut profiter d’Internet au café de la Gaîté Lyrique. En deux coups de pédale j’y suis, et ça tombe très bien car je voulais justement faire l’exposition Computer Grrrls. Je n’y manque pas. Il s’agit d’une série d’installations artistiques numériques réalisées par des femmes, autour d’une histoire de l’informatique plus paritaire mettant en avant les travaux et les avancées faites par ces dernières, souvent oubliées de l’histoire dominante. Seules quelques installations m’ont plu, comme un documentaire reconstituant l’histoire de l’électronique et des télécom à partir de documents rares, et la recherche et l’impression d’extraits de manifestes technologiques écrits par des femmes. Le précis historique du début m’a aussi beaucoup intéressé, et je partage ici cette copie de timbre ivoirien de 1972, typique des petits documents passionnants qu’on peut y découvrir:

Je me pose donc au café de la Gaîté lyrique. Ca tombe bien car le mardi la BPI est fermée. On sert ici des boissons et des gâteaux fait maison (le brownie est à damner). Ce n’est pas l’idéal pour bosser, car les tables sont petites et rondes. Au fond, il y a un espace beaucoup plus adapté, au détail près qu’il n’y a pas de prises facilement accessibles. Ça doit être pour ça que tout le monde s’agglutine de ce côté-ci. Internet n’est pas mauvais mais j’ai des passages à vide.

Entre deux destinations je parcours les rues de la capitale et je prend parfois « en chasse » ces frondeurs de livreurs à vélo. Vifs comme l’éclair et connaissant la ville comme leur poche, ils ont souvent l’esprit joueur et ne se permettent pas qu’un « touriste » roule aussi vite qu’eux. J’arrive à être dans le coup, mais seulement le temps d’un boulevard car je ne suis pas d’humeur à griller les feux comme ils le font. Je profite du feu rouge pour observer l’agitation de la ville. Tant de monde, tant de commerces, tant de touristes, de voitures, de bruit, d’odeurs qui se perdent dans un bain de nostalgie…

VERT !!

Je fonce retrouver entre amis les saveurs de l’insolite (et excellent) restaurant vietnamien Chamroeun Crimée. Mais hélas fermé, nous nous rabattons sur la brasserie le Bastringue le long du bassin de la Villette. Ce lieu convivial et populaire (comprenez, bruyant) ne m’a jamais déçu. La nourriture est fraîche, la carte varie souvent et les recettes sont originales et bien cuisinées.

Le jour d’après j’opte pour une expo photo à la Maison européenne de la photographie que je n’ai jamais faite. Deux expos : Fil noir et Henry Wessel ornent les murs de ce grand bâtiment. Fil noir  regroupe des photos de la MEP autour de la thématique du film noir. L’espace de la visite nous sommes plongés dans un monde aux nuances lugubres et cinématographiques. Le grand photographe Henry Wessel a quant à lui réunit certains de ses clichés en trois séries qui nous font voyager en Amérique.

Dans le quartier Saint-Paul, je découvre une nouvelle piste cyclable qui permet de circuler dans les deux sens. Il y a donc une voix voitures (et deux roues motorisés), une voix de bus et une voix (double) cyclable. Elle est très agréable et permet de relier Bastille aux Tuileries sans se mélanger aux voitures. Enfin, théoriquement, car une longue section en travaux impose de partager la rue avec les autres. Comme au bon vieux temps !

Le lendemain matin je décide d’abandonner mes recherches d’Internet. Je me pose dans le reposant quartier de la rue des Martyrs (reposant le matin, je précise) pour y prendre un petit déjeuner. J’aime bien Le Pain quotidien qui a le bon goût d’accompagner ses succulentes viennoiseries de musique classique. Tiens, il y a Internet, comme le rappellent ces quelques touristes rivés sur leurs écrans (on dirait moi). Je marche ensuite tranquillement vers la gare de l’est, le vélo à la main, pour le glisser dans le compartiment vélo lorsque le train arrive à quai.

Au retour j’ai un TER plus récent qu’à l’aller. Je crois bien qu’il n’y a qu’un seul compartiment vélo, avec trois places à occuper en mettant le vélo à flanc tenu par un élastique, et non plus à suspendre. C’est beaucoup plus pratique et j’approuve l’innovation.

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