Le havre des bibliothèques

Le havre des bibliothèques

S’il y a bien un service public disponible quasiment partout et que je fréquente régulièrement, ce sont les bibliothèques.

Lorsque j’habitais à Paris, j’avais la chance d’avoir pour plus proche bibliothèque celle du 18ème arrondissement, Vaclav Havel, qui est un modèle actif de ce que peut offrir une bibliothèque d’aujourd’hui. Jugez plutôt : plus de 7000 mangas, une collection et une salle de jeux vidéos, une salle informatique, une présence active sur les réseaux sociaux, une médiation numérique, une médiation sociale, de l’accueil aux migrants, des animations jeunesses… en plus des services traditionnels d’emprunt et de consultation de livres et revues, dans lesquels on a tendance à enfermer le rôle de la bibliothèque.

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Que sont les Kurent ?

Que sont les Kurent ?

J’étais au début du mois au carnaval de Ptuj, en Slovénie, où, parmi le cortège, d’étranges personnages velus, qui ressemblent à des moutons, envahissent par centaines le cortège. Leur aspect impressionnant se combine avec le son assourdissant de leurs grosses cloches qu’ils agitent alors qu’ils descendent la rue.

Ce personnage est appelé kurent (prononcer courènte) et il est un classique du carnaval. Le célèbre romancier slovène Drago Jančar relate cet évènement dans son roman Aurore Boréale, écrit en 1984, et qui se déroule en 1938. En voici un extrait :

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Un bûcher dans le port

Sur la table, la lampe a pétrole était déjà allumée, mais les deux fenêtres étaient écarlates, comme si le soleil, en se couchant, était tombé dans la cour. Maintenant il flambait dans la caisse de béton et le mur était couvert de flammes qui léchaient les carreaux.

L’écrivain slovène Boris Pahor décrivant l’incendie par les fascistes, en 1920, du Narodni Dom, le centre communautaire slovène de Trieste.

Un an de Kindle

Il y a maintenant un an, j’ai eu comme cadeau un livre électronique Amazon Kindle. Lecteur habituel, c’était un cadeau logique, mais qui amenait son lot de questions. Il était temps de faire un petit bilan de l’usage que j’en fais, et de ce que j’en pense.

D’abord, je l’adore, et je continue de le lire régulièrement, en particulier pour les raisons suivantes :

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Notes sur le minimalisme

Notes sur le minimalisme

Je me suis intéressé au minimalisme la première fois grâce au livre de Leo Babauta « The Power of Less » paru en 2009 (voir son blog Zen Habits ici). Ma plus récente lecture « Walden ou la vie dans les bois » de Henry David Thoreau en donne une approche plus philosophique, bien que pragmatique. Je suis resté attentif à la doctrine sans pour autant en faire un mode de vie en tant que tel. Voici quelques principes que j’entretiens.

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Trois histoires de naufragés

Trois histoires de naufragés

Les histoires de survie et de naufrage ont leur dose d’aventure et d’imaginaire. J’aimerais faire part ici de trois histoires de naufragés dont j’ai lu des récits ces récemment et qui valent sinon d’être lus d’être connus. Je les présente dans l’ordre chronologique de mes découvertes.

Naufragé volontaire

Alain Bombard est un scientifique qui prit pour sujet de thèse les conditions de survie de naufragés. Il dirigea à cette fin un laboratoire à Monaco, et en plus du travail sur l’impact du moral sur le physique (et donc la survie en général), il soutient la thèse que le bbom-lived (1)ateau pneumatique est un moyen plus sûr que les chaloupes traditionnelles. Si les navires en été équipés, alors ils réduiraient considérablement les victimes lors de naufrages. Lire la suite « Trois histoires de naufragés »

Dersou Ouzala

Dersou Ouzala

Dersou Ouzala est un chasseur oussurien de la tribu nanaï (qu’on appelait auparavant « golde ») né en 1849 et mort en 1908, qui a servi de guide à Arseniev et à sa patrouille de 1902 à 1907. Vladimir Arseniev, quant à lui, est un officier-topographe de l’armée russe, explorateur de la Sibérie orientale. Il a écrit trois livres sur ses explorations en compagnie de Dersou Ouzala ; ils constituent une trilogie, que je viens de lire (édité par la Petite Bibliothèque Payot, mais plus édité à ce jour à ma connaissance. On le trouve d’occasion).

Arseniev est avant tout un officier-topographe donc, et son roman est imprégné d’un sens de l’observation factuel très marqué. Bien qu’il ne décrive presque jamais ses travaux, il raconte très précisément tous les éléments qui constituent ses trois expéditions, de l’équipe et son équipement jusqu’au trajet détaillé qu’il parcourut de 1902 à 1907. Pour mon grand plaisir, le livre donne les cartes de ces expéditions, ce qui n’est pas un luxe quand tous les noms de fleuve ou de montagne sont inconnus (c’est le genre de cartes qui me manquaient à la lecture de Magellan de Stephan Sweig ou Voyage autour du Monde de Bougainville).

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Beat Generation

Beat Generation

J’ai écrit Sur la route en trois semaines pendant le joli mois de mai 1951 alors que je vivas dans le quartier de Chelsea au sud-ouest de Manhattan, sur un rouleau de 30 mètres et j’ai mis là en mots la Beat Generation, disant au point où j’en étais, en plein milieu d’une fête dingue entre potaches dans une cabane de mineur abandonnée : « Les gamins sont épatants ici, mais où sont Dean Moriarty et Carlo Marx ? Oh bon, j’imagine qu’ils ne feraient pas partie de la bande, ils sont trop sombres, trop étranges, trop souterrains et je suis en train de rejoindre lentement une nouvelle sorte de beat generation. »

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