Deux concerts « russes » à La Roque d’Anthéron

Deux concerts « russes » à La Roque d’Anthéron

De passage dans la région, je me suis précipité au festival international de piano de La Roque d’Anthéron. C’est un festival que j’ai beaucoup fréquenté, et que tout amateur de piano se doit de connaître au moins par un concert sur la grande salle qu’est la scène du parc du château de Florans. C’est une scène montée sur un étang, surplombée d’une grande conque où se suspendent des dizaines de grands panneaux réflecteurs acoustiques. Spatial.

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Concours international de piano des grands amateurs de Paris – La veille

J’écris cet article la veille de mon premier tour. Je joue mercredi 22 novembre à midi. Pour le premier tour, tous les candidats (une centaine) se succèdent devant le jury les journées de mercredi et jeudi. Je suis dans le créneau de 12h à 13h.

C’est la troisième fois que je participe au concours. Pour une fois, je suis content de ma préparation. J’ai sélectionné que des morceaux qui me tiennnt à cœur et je compte bien les défendre dès demain. Il est toujours difficile pour moi d’évaluer le travail accompli. En général, c’est le jour J que je me rends compte qu’en fait certains passages ne sont pas aussi maîtrisés que ce que je croyais ! Cette fois j’ai tenté de mieux me préparer en jouant plus souvent mon programme en public et en allant voir un professeur que j’apprécie pour ses conseils très précieux. Donc je me sens bien plus préparé que les autres années, mais on ne sait jamais !

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Des mathématiques et du son à l’Institut Henri Poincaré

Des mathématiques et du son à l’Institut Henri Poincaré

L’institut Henri Poincaré, haut lieu des mathématiques et de la physique théorique au siècle passé, est une institution rattachée à l’Université Pierre et Marie Curie et au CNRS. C’est un lieu de rencontre privilégié pour les mathématiques et la physique théorique.

Lorsqu’on pénètre dans la bibliothèque de cet édifice, on est immédiatement plongé dans un lieu de paisible concentration, où des anciens journaux mathématiques de divers pays côtoient les revues les plus actuelles ; où des sculptures en bois ou en papier, derrière des vitrines, rappellent les travaux d’Henri Poincaré ; et où les rayons les plus au fond, sur la mezzanine, nous plonge dans une pénombre gardée par les plus savants théorèmes, découvertes de plusieurs siècles de mathématiques.

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Roustem Saïtkoulov au Pradet

Roustem Saïtkoulov au Pradet

Avoir l’occasion de passer quelques jours en vacances et d’écouter, le premier soir (samedi 13 août 2016), un concert de Roustem Saïtkoulov est une combinaison heureuse. Au programme : Liszt et Chopin. Presque un marathon puisqu’en première partie la sonate de Liszt précédée d’une consolation et d’un nocturne et en seconde partie les 12 études op. 10 de Chopin, précédées par deux nocturnes. Un programme bicéphale donc, avec un fil conducteur évident et richement commenté par le pianiste lui-même en début de chaque partie.

L’acoustique de l’Espace des Arts du Pradet m’a assez déplu, combiné à un piano qui sonne dur. Les basses sont très grasses et ont tendance à se mélanger, et les aigus plutôt perçants, saturés. Le piano est décalé sur la droite de la scène, sans doute pour satisfaire les nombreux pianistes amateurs qui constituent le public, mais je ne suis pas sûr que ce soit un choix stratégique en terme de son.

La consolation de Liszt (n°3, le plus célèbre) est à l’image de son commentaire : religieux. On note tout de suite l’application d’un legato au deux mains assisté d’une pédale fournie, qui comble heureusement les défauts suscités. Le nocturne « Rêve d’amour » est abordé de manière beaucoup plus engagée. Le thème est très en dehors. Sa redite est, elle, beaucoup plus apaisée, d’une grande délicatesse.

La sonate de Liszt, colosse, monument, met à nu la technique redoutable de Saïtkoulov. C’est une chose d’écouter la sonate de Liszt, c’en est une autre de voir toutes les notes jouées sous les doigts du pianiste. Son sens du rubato est très subtil, et contraste avec les accords tonitruants des passages les plus endiablés. Ses accords sont d’ailleurs remarquablement maîtrisés et équilibrés, et il est rare que dans la sonate ils ne soient simplement réduits qu’à un effet. Ici, on profite de chaque note, à tout instant, pour une lecture éclairante de l’oeuvre. L’oeuvre est une alternance perpétuelle entre douceur et tourments, et c’est bien là sa réelle difficulté.

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Un extrait de la partition originale manuscrite de la sonate de Liszt

La deuxième partie, consacrée à Chopin, m’a paru encore plus inspirée, notamment dans la conduite de la mélodie. Plus claire et sous une pédale plus légère, les nocturnes ont ouvert cette partie sous une lumière nouvelle. Le premier nocturne, op. 48, un chef d’oeuvre isolé plus proche de l’improvisation que du nocturne, contient également des séries d’accords répétés, fatalistes. Les 12 études, lancées par une étude n°1 dans un rythme effréné, volent presque la vedette à la sonate de la première partie tant elles sont maîtrisées de bout en bout : sur le plan technique (inévitable !) et l’intention artistique (de très belles cadences finales et un éclairage sur la structure de ces pièces pourtant courtes). Des thèmes riches, un investissement sans faille et une virtuosité à toute épreuve.

La salle, pleine, en redemande et obtient une mazurka tardive (et reconstituée) de Chopin et rien de moins que la 12ème rhapsodie hongroise de Liszt, où il lâche sa virtuosité dans une extase et une libération sans précédent dans ce programme d’une exigence rare.

Roustem Saïtkoulov, que je connais par ses disques et un précédent concert à Gaveau – je l’adore dans Scriabine – fait partie de ces pianistes qu’on n’entend pas assez, mais pour les bonnes raisons : éloigné d’un académisme pianistique édulcoré des grandes salles, avec un toucher complet et personnel qui nous laisse tout entendre, sans rien lâcher d’engagement.

Yuja Wang à la Philharmonie

Yuja Wang à la Philharmonie

C’est enfin Yuja Wang que je vais voir, pour mon dernier concert de la saison à la Philharmonie de Paris. C’est une pianiste que je suis depuis ses débuts, sans jamais l’avoir entendue, même en ayant passé des semaines au festival de la Roque d’Anthéron où elle se produit souvent.

Le programme a changé entre l’achat de mes billets et le concert de ce mercredi 15 juin au soir. Le programme était le suivant :

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Berg et Mahler à la Philharmonie

Berg et Mahler à la Philharmonie

Le concerto pour violon, dit « à la mémoire d’un ange » d’Alban Berg et la quatrième symphonie de Mahler étaient au programme du concert du jeudi 19 mai 2016 à la Philharmonie de Paris. Plutôt favorable à la construction de programmes en apposition d’œuvres complémentaires, j’ai choisi ce concert dans l’épais programme de la Philharmonie.

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Le piano de Stockhausen par Pierre-Laurent Aimard

Le piano de Stockhausen par Pierre-Laurent Aimard

Quand on va voir une soirée dédiée à Stockhausen, on ne sait pas trop dans quel état on va ressortir. En particulier quand la soirée dure plus de trois heures. Au programme de la première partie, les onze Klavierstücke, pour piano seul, de Karlheinz Stockhausen. Une grande partie du travail du compositeur, tout au long de sa carrière, s’est concentré sur des œuvres électroniques, de spatialisation, avec des dimensions démesurées à l’image de son cycle de sept opéras, Licht, d’une durée totale de 29 heures. Dans un espace aussi restreint que le piano seul, on en vient à se demander ce qu’il venait y chercher.

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Rachmaninov et Jenkins par le COGE

Ce concert se déroule au grand amphi Binet de l’université Paris Descartes. Le programme est le suivant : l’île des morts de Rachmaninov et la messe « The Armed Man » (l’homme armée) de Karl Jenkins. Le COGE (choeur et orchestre des grandes écoles) investit deux fois par ans les lieux pourtant sous proportionnés pour leurs besoins. Les percussionnistes sont dans les coins et quelques choristes du premier rang doivent se mélanger aux musicien du dernier. Cette formation amatrice de grande ampleur s’attaque souvent à des œuvres grandioses, où éclate la verve d’une jeunesse éternelle.

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Du Mozart à la Philharmonie

Du Mozart à la Philharmonie

La philharmonie occupe encore quelques occasionnelles soirées musicales, et ce n’est pas fini. Pour l’heure (c’était jeudi 14 janvier tout de même…), c’est de Mozart qu’on parle, avec son inoubliable requiem en plat de résistance.

Son oeuvre ultime est précédée, en première partie, d’un concerto pour piano qu’il serait dommage d’éclipser. Cette fois à droite de la scène sur les premiers balcons, j’expérimente une nouvelle position pour profiter de l’acoustique du concert. Et comme toujours, à contre courant de la tendance sur le sujet, je reste plein de réserves sur l’acoustique de cette salle pour le piano. La clarté du jeu de Peter Serkin ne parvient pas jusqu’à moi, mais la musicalité de l’ensemble est toutefois bien perceptible. Bertrand de Billy dirige l’orchestre de Paris.

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